Bandeau
Les péniches Alternat et Bali sur le web
Deux péniches pour tous et pour la paix naviguant sur la toile...

Toutes les actualités des péniches Alternat et Bali et des événements inter-associatifs accueillis à bord

Auto biographie de Christian Brunier
Article mis en ligne le 21 avril 2005
Imprimer logo imprimer

D’aussi loin qu’il m’en souvienne, j’ai toujours abhorré la violence, est-ce l’assassinat de Martin Luther King, celui 3 mois plus tard de Kennedy ou bien la rencontre de Jean-Pierre Lanvin qui m’a mis sur les chemins de la non-violence ?

Un beau matin de 1974, avec pour tout bagage un Bac B, la bible et "Aden-Arabie" de Paul Nizan, je prends la route de l’Inde avec deux copains de La Martinière (Lycée lyonnais). Je vis ce périple de 6 mois comme un voyage initiatique au coeur du gandhisme, mais l’Inde non-violente se dérobe voire trahit l’héritage du "Père de la nation". Durant mon séjour, l’Union indienne procède à sa première "expérience nucléaire pacifique". Les vieux compagnons du Mahatma rencontrés à Sevagram se méfient des Chinois et Vinoba est à mi-chemin entre la défense des vaches sacrées et le non-attachement hindouiste pour oser quelques propos intelligibles sur la situation. La veille de mon départ, pressé de lui poser "la" question qui me cheville au corps, il me dit : " Go an see Shantidas !". De retour à Lyon, je prends contact avec l’Arche de Lanza del Vasto mais les conditions d’entrée à la communauté me vexent, n’ai-je pas fait mon "pèlerinage aux sources" ? Je rejoins alors le Mouvement Lyonnais d’action non-violente (MLANV) qui deviendra le MAN Lyon quelques semaines plus tard. Après un accueil glacial lors d’une permanence du CLO (Comité de lutte des objecteurs), ma persévérance finit par payer. Christian Mellon et Jacques Delorme entre autres, favorisent mon intégration. Deux actions mémorables vont me conduire dans l’arène sociale : une manifestation conduite par des brebis, en soutien aux paysans du Larzac et la lutte des femmes prostituées dont notre local de la rue Mercière, est devenue l’épicentre. Christian Delorme, alors aumônier du mouvement du Nid est celui par qui le scandale arrive... Adoubé par le groupe lyonnais, mon intégration au Centre Chavez de Paris fin 1975 est immédiate, je poursuis alors mon action dans la perspective des "États généraux de la prostitution". En avril 1981, Christian Delorme entame une grève de la faim illimitée pour dénoncer les expulsions de jeunes immigrés dits de la "deuxième génération". J’anime le comité de soutien parisien, comme en décembre 1983, lors de l’arrivée à Paris de la "Marche pour l’égalité des droits et contre le racisme", projet né aux Minguettes sous le double parrainage de la Cimade et du MAN de Lyon.

Dans l’intervalle, je prends fait et cause pour le combat non-violent d’une poignée de paysans et d’habitants du "plateau inspiré" du Larzac. Avec mes camarades maoïstes (1) et non-violents des Comités, nous nous retrouvons tous les mois aux "coordinations" qui élaborent la stratégie susceptible de contrecarrer le projet d’extension du camp militaire. Avec eux et le Codene (2), je prends un part active dans l’organisation du rassemblement pour des "Rencontres internationales pour la paix" (août 1981) et du rassemblement "Pour le gel nucléaire" (août 1983).

Dès mon arrivée à Paris, je suis remarqué par Jacques Sémelin qui me confie le secrétariat de la partie du Texte d’orientation politique (TOP) du MAN qu’il est chargé de rédiger : "Vers la défense populaire non-violente". La rencontre de Jacques de Bollardière finit par me convaincre de faire de cette question, un engagement majeur des vingt dernières années à travers mon implication dans Artisans de Paix (81-84), Stop Essais, au sein de la Campagne d’opposition aux ventes d’armes (COVA), plus récemment dans le Collectif français pour un contrôle des transferts d’armes (97-02). Parallèlement à ce lent travail de dé-construction du complexe militaro-industriel, je frotte ma réflexion à celle des membres de l’IRNC avec qui je prépare le colloque de Strasbourg sur "Les stratégies civiles de défense" (novembre 85) puis de mes amis lyonnais du CDRPC que je rejoins en 1994, à la faveur du lancement de l’Observatoire des transferts d’armements.

Depuis 3 ans, j’ai changé de registre m’investissant prioritairement dans la construction de la paix, soeur de la justice et du droit, à travers l’association "Équipes de paix dans les Balkans". J’anime une commission ad hoc au sein de la Coordination française pour la Décennie internationale de la promotion d’une culture de la non-violence et de la paix, chargée d’organiser au printemps 2004, un salon grand public "des initiatives de paix". Dans le même esprit, je viens de rejoindre une nouvelle association présidée par Yazid Kherfi (3) ; un authentique mauvais garçon de Mantes-la Jolie converti à la "thérapie sociale" initiée par Charles Rojzman. L’objectif de "Pouvoir d’Agir" est de "transformer la violence en conflit" dans les quartiers, dans les cités, en invitant les habitants à devenir eux-mêmes les artisans de cette transformation.

Christian Brunier
Février 2003

P.S. :

(1) Issus de la Gauche ouvrière prolétarienne (mouvement maoïste) et de l’Organisation communiste des travailleurs : scission de la GOP.
(2) Comité pour le désarmement nucléaire en Europe dont les principaux animateurs furent Jacques Berthollet, Sylvie Mantrant, Christian Mellon et Bernard Ravenel.
(3) Centre de documentation et de recherche sur la paix et les conflits, 187 montée de Choulans, 69005 Lyon.
(4) Cf. "Repris de Justesse", La Découverte, en cours de réédition. Contact : Pouvoir d’Agir, 4bis rue de Tlemcen, 75020 Paris



puce Plan du site puce Contact puce Mentions légales puce Espace rédacteurs puce

RSS

2002-2017 © Les péniches Alternat et Bali sur le web - Tous droits réservés
Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.78.34
Hébergeur : Ouvaton.Coop
Soutenir par un don