Bandeau
Les péniches Alternat et Bali sur le web
Deux péniches pour tous et pour la paix naviguant sur la toile...

Toutes les actualités des péniches Alternat et Bali et des événements inter-associatifs accueillis à bord

Festival Camino
Cette nuit, j’ai fait un rêve
J’étais un journaliste et assistais à la première édition du Festival « Camino »

Le rêve prémonitoire d’une organisateur du festival Camino à Tournefeuille - 31

Article mis en ligne le 4 août 2005
Imprimer logo imprimer

La foule se presse en ce premier jour de festival régional « Camino pour la non-violence ». La première édition du festival débute sur les chapeaux de roues et de nombreux hommes politiques participent à l’inauguration de cette première en France. Un an après le référendum pour la constitution européenne, c’est un véritable cataclysme qu’a vécu la classe politique. Le « non » a bousculé les partis traditionnels. Aujourd’hui, chacun sait que des milliers de personnes ont investi des mouvements de la société civile agissant pour la non-violence, le respect de l’humanité et de la terre.

Je n’ai jamais vu autant de monde et autant d’enthousiasme pour penser une autre société. Ici et là, des slogans sur d’énormes banderoles décorent tous les espaces du centre ville de Tournefeuille à coté de Toulouse : « un autre monde est possible avec la non-violence », « la non-violence est une véritable force pour combattre les injustices », « il n’existe aucune guerre qui soit juste »...

Le Président du Conseil Régional est venu prendre la parole sur l’énorme scène centrale. Il déclare, haut et fort, que la Région Midi-Pyrénées va investir des sommes importantes pour former tous les lycéens à la communication non-violente et la gestion positive des conflits. Tous les Présidents des Conseils Généraux annoncent la création d’un fond dédié à la création de formations à l’action non-violente pour tous les collégiens et l’ensemble des travailleurs sociaux. L’accent est également mis sur les nécessaires participations de tous les habitants des quartiers dits populaires, premiers touchés par de multiples injustices sociales, économiques et environnementales.

Le Maire de Tournefeuille valorise son plan local de réduction des panneaux publicitaires, véritables formatages de nos esprits. Les 150 Maires présents signent la Charte de l’abolition de la publicité dans les agglomérations ainsi que sur tous les véhicules de transports en commun. L’ensemble de la classe politique annonce, sous la pression de la société civile depuis de longs mois, une sorte de plan Marshall pour la création d’éco hameaux dans les campagnes pour résoudre le grave problème du logement en France. Ces éco hameaux où constructions riment avec lien social et respect de l’environnement étaient attendus par des milliers de personnes qui, chaque jour, manifestaient leurs mécontentements par d’impressionnantes manifestations silencieuses dans toutes les communes de la région.

Devant plus de 1000 personnes issues de tous les mouvements alternatifs et solidaires, l’intervention magistrale de Patrick VIVERET sur « Reconsidérons les richesses » a abouti à l’élaboration d’un véritable projet de vie pour notre société. Une Charte pour le respect de la terre a été signée par tous les porte-parole ainsi que par tous les décideurs politiques. A titre d’exemple, ce texte fondateur efface de notre culture le Produit Intérieur Brut pour le remplacer par une autre référence qu’est le Bonheur Intérieur Brut. Tous les critères nécessaires à l’analyse de cette nouvelle référence sont maintenant en place. Chacun peut désormais devenir artiste de sa propre vie loin des servitudes des seules logiques du Marché, souvent destructrices de notre terre qu’il nous maintenant sacraliser. Dans le cas contraire, nous nous dirigerons droit dans le mur.

Au centre du festival, un village associatif accueille une multitude de personnes qui agissent pour le respect de l’environnement, de l’économie alternative et solidaire, de l’éducation à la communication non-violente et à la gestion positive des conflits. D’autres exposent leurs actions sur les défenses des minorités et de tous les opprimés de la terre.

Dans un petit bois, juste en face du cinéma Utopia, un espace ludique est dédié au bien-être. Agrémenté d’une pagode et de tentures multicolores, des associations font découvrir les bienfaits du massage crânien et de la réflexologie tout comme du yoga pour enfants, de l’Aïkido ou encore du Taï chi. On peut apercevoir, en plusieurs endroits, des « bars à palabres » et de nombreuses expositions sur d’autres manières d’entrer en résistances contre les injustices. De véritables agoras politiques, philosophiques et poétiques s’improvisent à chaque instant.

« Les Utopistes Associés » ont apporté toute leur énergie dans l’organisation de projections de films et de conférences sur le thème de la non-violence. Tous les formateurs de France en communication non-violence ont fait le déplacement et proposent des ateliers de découverte sur la gestion positive des conflits.

Les hommes politiques en perdent leur latin. Ils ne sont plus les seuls à penser ou décider pour les autres. Le Maire d’une des communes de l’agglomération toulousaine me confie les mots suivants : « Je comprends aujourd’hui que la participation des citoyens à la vie de la cité ne peut s’accompagner que d’un partage du pouvoir local. Mais comment ais-je pu raisonner autrement pendant tant d’année ? ». Et de rajouter un instant après : « Ce festival Camino est une avancée majeure pour la préparation de notre avenir ».

A coté de cet élu, un groupe de jeunes de Toulouse chante à capella un refrain d’une de leurs chansons : « Se sentir utile et fort, c’est savoir gérer les conflits sans le dérèglement de ce dernier qu’est la violence. Créer des forces de convictions collectives sans les armes de la violence, c’est utiliser la non-violence comme une arme politique et sociale, redoutable et cohérente avec le respect de soi et des autres. C’est enfin assister à une véritable réhabilitation de la vie en société et de la vie politique »

3 grandes scènes sont installées. Une centaine de créations artistiques, préparées depuis de longs mois, vont être présentées par des jeunes de quartiers et des collèges. A chaque fois des messages de paix, de fraternité et de non-violence vont être exposés. Depuis ce matin, déjà nous avons pu assisté à de véritables performances notamment avec des jeunes qui ont montré la nécessité de lutter contre des injustices quotidiennes en valorisant la force de l’action collective et non-violente. De véritables prouesses artistiques et des messages politiques bien trempés ! Un jeune interpelle un de ses anciens professeurs de collège : « Monsieur, en préparant mon spectacle, j’ai appris beaucoup. Aujourd’hui, je vous fais une proposition pour votre collège. Créez des espaces de paroles pour que tous les élèves et leurs parents puissent exprimer leurs ressentis et leurs demandes. Vous verrez alors que la violence s’estompera au moment où chacun aura été entendu individuellement et collectivement ».

A la fin de la soirée et à l’heure de l’apéro servi par le réseau des AMAP (Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne), les organisateurs lancent le « manifeste Camino » pour la non-violence avec, à la clé, la création de réseaux locaux dans toutes les communes de France. La « génération non-violence » est en marche pour de longues années.

En direct du Festival « Camino », ce jeudi 1er juin 2006.

Patrick JIMENA

Directeur de l’A.C.S.E, Association Columérine Socio-Educative, Club de Prévention Spécialisée -
Vice-président du Centre de Ressources sur la Non-Violence de Midi-Pyrénées

P.S. :

Patrick JIMENA - Organisateur avec l’A.C.S.E et un collectif à construire du Festival Régional Camino les 1, 2 et 3 juin 2006

Contact 06.81.84.39.97 ou 05.61.78.40.74



puce Plan du site puce Contact puce Mentions légales puce Espace rédacteurs puce

RSS

2002-2017 © Les péniches Alternat et Bali sur le web - Tous droits réservés
Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.78.34
Hébergeur : Ouvaton.Coop
Soutenir par un don